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Présidentielle 2027 : le libéralisme économique est-il condamné à faire 5% ou peut-il s'imposer dans le paysage politique ?
information fournie par Boursorama avec Media Services 03/06/2026 à 13:47

"Tout le monde dit moins d'Etat et tout le monde demande à maintenir toutes les classes et écoles, demande plus de policiers et de soutiens à l'économie", ironise le patron des députés MoDem Marc Fesneau, quand on l'interroge sur le libéralisme.

Javier Milei à Oxon Hill, aux Etats-Unis, le 20 février 2025. ( AFP / SAUL LOEB )

Javier Milei à Oxon Hill, aux Etats-Unis, le 20 février 2025. ( AFP / SAUL LOEB )

Victorieux en Argentine avec Javier Milei, par exemple, le libéralisme économique est plutôt vu comme une impasse à 5% des voix dans le paysage politique français. A moins d'un an de la présidentielle, le libéralisme fait toutefois une percée dans la campagne à un moment où l'endettement de la France bat des records.

L'ultralibéralisme incarné par le président argentin Javier Milei, qui s'est imposé en 2023 tronçonneuse en main pour promettre des coupes budgétaires et dans la bureaucratie, a fait des émules en France à un moment où la dette tricolore dépasse la barre des 3.000 milliards d'euros.

L'un des premiers à s'en être inspiré dès 2025, c'est Eric Ciotti. Le patron de l'UDR et allié du RN a promis de couper dans la dépense publique pour économiser 120 milliards d'euros, sans brandir de tronçonneuse mais en imprimant l'image sur ses documents de propagande.

Candidat à la présidentielle, le maire de Cannes David Lisnard qui axe sa campagne notamment sur la lutte contre la bureaucratie, n'a quant à lui pas hésité à reprendre le slogan "Vive la liberté" de Javier Milei , tout se mettant en scène aux côtés d'une broyeuse qui détruisait tour à tour le code de l'urbanisme, celui de l'environnement ou encore celui de la commande publique.

"L'Etat providence ne peut plus fonctionner"

"Le système qui a été celui de notre développement pendant des décennies, qui a été celui de l'Etat providence, ne peut plus fonctionner, parce qu'il ne peut plus être financé", constate l'actuel président de l'Association des maires de France (AMF).

S'il prospère sur la dégradation des finances de l'Etat, couplée au sentiment d'un trop-plein de normes et d'inefficacité des services publics, David Lisnard se défend d'être "un rabatteur". "La politique ce n'est pas être un agrégat de segments marketing", s'exclame-t-il, assurant s'être lancé dans la course à l'Elysée par "cohérence avec ce qu'il croit bon pour le pays". Soucieux de ne pas s'enfermer dans une case, le maire de Cannes, qui a claqué la porte de LR fin mars, rejette d'ailleurs l'étiquette d'ultralibéral et rechigne même à endosser celle de libéral. "Ce qui est intéressant ce n'est pas de défendre une idéologie, mais de redresser le pays", soutient-il.

A droite et dans la macronie, d'autres personnalités se distinguent dans leur manière de réduire la dépense, à l'image de Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, qui a taillé en 2024 100 millions d'euros dans le budget de la culture. Vice-présidente d'Horizons, elle ravit les partisans d'Edouard Philippe: "Elle a son public. Clairement, elle accroche quelque chose", se réjouit un cadre du parti. Elle est "utile pour occuper le créneau que tente d'occuper David Lisnard", ajoute un député Horizons.

Un espace que Renaissance s'efforce lui aussi d'occuper avec son porte-drapeau libéral Guillaume Kasbarian, un autre fan de Javier Milei qui a créé au printemps le Parti de la liberté.

Un segment à "4%" ?

De là à croire que le libéralisme assumé sera la ligne victorieuse en 2027, il y a un pas qu'un cadre de Renaissance n'est pas disposé à franchir : "C'est un segment dont on sait que les jours de beau temps, il fait 4%. C'est donc normal qu’on ne mette pas tous nos œufs dans ce panier-là".

Une allusion au score de 3,9% obtenu à la présidentielle de 2002 par Alain Madelin , figure tutélaire d'un libéralisme à la française minoritaire, mais qui dispose de quelques relais médiatiques d'essayistes (Robin Rivaton, Gaspard Koenig), lobbyistes (Agnès Verdier-Molinié) ou entrepreneurs (Mathieu Laine).

A l'extrême droite, Eric Zemmour et son parti Reconquête ont joué la carte libérale, diatribes anti-impôts à la clé. Une façon d'aller chasser sur les terres des LR, mais aussi de se différencier du Rassemblement national dont la ligne économique penche davantage vers l'étatisme, même si Jordan Bardella insuffle des nuances plus libérales.

Au-delà des discours, un certain pragmatisme finit cependant par prévaloir, selon le patron des députés MoDem Marc Fesneau pour qui "la ligne libérale ça n'existe pas réellement en France" . Car au final,"tout le monde dit moins d'Etat et tout le monde demande à maintenir toutes les classes et écoles, demande plus de policiers et de soutiens à l’économie ou plus de ci et de ça", observe-t-il.

4 commentaires

  • 14:34

    Chez nous c'est différent... Quand il y a un candidat démocrate c'est des déficits ! bardela est nul en économie, Mélenchon veut tout nationaliser !


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